Une ouverture pour les joueurs japonais en France?
Auteur:
Hinato
Publié le: 04/08/2013



Guy Novès fera-t-il venir
un japonais au Stade Toulousain
l'an prochain?
Et si l'on voyait enfin arriver des joueurs japonais en France? La chose semble irréelle à l'heure actuelle et pourtant. Le Top 14 est en plein bouleversement. Après les internationaux argentins qui devraient peu à peu disparaître des terrains de rugby français dans les années à venir (calendrier incompatible entre le Top 14 et le 4 nations), une autre menace a fait son jour hier.

Pour la première fois de son histoire, un coach springbok (en l'occurrence 
Heyneke Meyer), a convoqué plusieurs joueurs sud-africains évoluant à l'étranger (dont Fourie du Preez chez Suntory Sungoliath), la plupart en Top 14. Une première (en aussi grand nombre) dans l'histoire du rugby sud-africain depuis la création du Super Rugby.

En effet, jusqu'ici, la condition pour un joueur springok d'évoluer dans la sélection de son pays était d'évoluer dans une des franchises du 
Super Rugby. Une restriction qui a poussé de nombreux joueurs sud-africains, en fin de carrière souvent, à s'exiler vers le Japon et surtout (en priorité) la France.

On compte ainsi plus de cent sud-africains évoluant notamment dans l'hexagone. Ces derniers représentent ainsi pas moins de 10% des effectifs des clubs de Top 14 aujourd'hui! Une véritable diaspora notamment dû aussi aux dirigeants des clubs français qui ont préféré recruter à comparaison un bon joueur sud-africain, déjà rôdé pour le très haut niveau et avec un salaire beaucoup moindre qu'un joueur international français ayant un salaire astronomique, et surtout indisponible en championnat durant le tournoi des six nations (les fameux doublons des mois de février et mars). 

Un des rares clubs à ne pas recruter trop d'étrangers jusqu'ici et à privilégier les internationaux et les espoirs français étaient le Stade Toulousain. Mais là aussi, la donne a changé cet été. Guy Novès, le mythique entraîneur du club rouge et noir, dont l'équipe est certainement celle la plus pénalisée par les doublons en hiver, a fait comprendre que le club allait changer de direction. 
Ainsi le Stade Toulousain a changé de cap et a fixé son recrutement massivement sur des joueurs de Super Rugby (notamment sud-africain). Mais Guy Novès a constaté hier comme nous que trois de ses joueurs sud-africains (Steenkamp, Vermaak et Ralepelle) venaient d'être appelés en sélection pour le Rugby Championship.

Chose qui n'a certainement pas dû le faire sourire. 
Pour les clubs concernés, tout comme avec les internationaux argentins, nous parlons alors d'absences de deux mois de ces joueurs dans leur clubs français, soit 1/3 de la saison du championnat du Top 14! Des absences qui pourraient vite refroidir les clubs français et les pousser à aller voir ailleurs.

Alors certes, bien évidemment que seule une minorité de ces sud-africains peuvent être appelés en sélection, mais si le phénomène perdure, cela devrait refroidir les clubs français. Mais alors recruter des internationaux étrangers aguerris où? Les argentins iront de plus en plus vers la Top League japonaise (Tomas Vallejos Cinalli chez Coca-Cola West Red Sparks), les néo-zélandais et les australiens privilégient en masse eux aussi le Japon, plus proche de chez eux, quand ils s'expatrient. Alors pourquoi pas tout simplement les japonais?

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Ayumu Goromaru, l'arrière international japonais et star de Yamaha Jubilo serait l'un des gros coups à faire pour les clubs français

Car s'il est un réservoir qui n'a pas été exploité par les clubs français, c'est bien celui du pays du soleil levant. Et les talents existent et sont nombreux. Ainsi Fumiaki Tanaka (Highlanders), Shota Horie (Melbourne Rebels) et Michael Leitch (Chiefs) ont rejoint le Super Rugby cette saison. D'autres talents ont aussi le potentiel de rejoindre un championnat étranger (Top 14 par exemple) et de très bien figurer: Harumichi Tatekawa (Kubota Spears), Atsushi Hiwasa (Suntory Sungoliath), Shinya Makabe (Suntory Sungoliath), Masataka Mikami (Toshiba Brave Lupus), Hitoshi Ono (Toshiba Brave Lupus), Ayumu Goromaru (Yamaha Jubilo), Male Sau (Yamaha Jubilo), Takashi Kikutani (Toyota Verblitz), Kenki Fukuoka (Tsukuba), etc...

Mais à ce sujet, la connaissance du rugby nippon dans le milieu du rugby français est quasi-inexistante. Les réseaux sur les joueurs japonais n'existent pas. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul réseau pour l'heure, il est étranger et il s'appelle Tony Brown. L'ancien All Black, entraîneur d'Otago et ancien joueur des Wild Knights. C'était lui qui avait fait venir Shota Horie et Fumiaki Tanaka en ITM Cup l'an passé et leur avait ouvert ainsi la voie pour aller disputer le Super Rugby plus tard. 


Pourtant, les clubs français ont des réseaux au Japon, mais uniquement sur les joueurs étrangers. Les arrivées de Danie Rossouw (ex-Suntory Sungoliath), Mike Delany (ex-Panasonic Wild Knights), Anthony Tuitavake (ex-NEC Green Rockets), Stephen Brett (ex-Toyota Verblitz) et autres depuis quelques mois suffisent pour en témoigner. Un joueur international japonais avait pourtant bien réussi en France il y a quelques années. Il s'agit de l'ailier Christian Loamanu. Mais ce dernier, étranger de naissance comme son nom l'indique, était arrivé en 2009 à Toulon après avoir été exclu de la sélection des Brave Blossoms et du championnat nippon (et de son club Toshiba Brave Lupus) après avoir été reconnu "coupable de dopage". 

Quelques autres joueurs par le passé ont joué en France mais n'ont jamais brillé et ont fait un flop: l'ailier Daisuke Ohata à Montferrand, l'ailier Yoshihito Yoshida à Colomiers et très récemment l'ailier Yohei Shinomiya à Aix-en-Provence. Seul le 1/2 de mêlée et ancien international japonais Wataru Murata, unique "vrai japonais", avait fait le bonheur de Bayonne au début des années 2000. Outre ce passé peu glorieux des joueurs japonais en France, ces derniers laissent aussi l'image de petits joueurs, pas adapté au rugby moderne (au contraire des géorgiens notamment). 

Ce qui laisse place souvent à de nombreux clichés et moqueries dans les commentaires français sur l'équipe de rugby du Japon. Enfin, en France, quand on pense au rugby japonais, on pense inévitablement au désastre de Bloemfontein de 1995. Cette année-là, en coupe du monde, la Nouvelle-Zélande avait atomisé le Japon (équipe alors amateur) sur le score de 145 à 17. Un désastre qui a laissé des traces au Japon mais aussi en dans notre pays. 


Mais depuis, le rugby japonais a progressé et s'est professionnalisé. La récente victoire du Japon face à l'équipe B du pays de Galles (23-08) en témoigne. La mentalité même des japonais (à l'image de celle de son illustre joueur Fumiaki Tanaka) a évolué. Les internationaux nippons, notamment, ont développé un esprit compétitif qui n'existait pas jusqu'ici. Nouvelle mentalité, talent, les joueurs japonais commencent à s'exporter de plus en plus depuis le nouvel ère Eddie Jones.

Il faut dire que le sélectionneur australien des 
Brave Blossoms encourage de plus en plus ses joueurs à partir évoluer à l'étranger. Les exemples de Yoshikazu Fujita et Akihito Yamada, qui sont parti en Nouvelle-Zélande pour tenter d'intégrer une équipe en vue de l'ITM Cup, en témoignent.

Il serait dommage que les clubs français de 
Top 14 et de Pro D2 passent aussi facilement à côté de joueurs de talents qui sont, qui plus est, très faibles en masses salariales comparés à des sud-africains, leur volonté première étant avant tout de pouvoir évoluer dans les meilleurs clubs. C'est ainsi que Fumiaki Tanaka et Shota Horie, arrivés l'an passé chez Otago (alors en crise financière), avait accepté sans rechigner de joueur gratuitement pour le célèbre club néo-zélandais.

Les joueurs japonais disposent d'un dernier avantage: le calendrier. En effet, ils ne poseraient pas de problèmes aux club français avec la sélection. Aucun risque de doublons donc. Le seul regroupement de joueurs nippons durant la saison française se situe entre mars et mai, pendant le tournoi des 5 nations asiatique. Tournoi que les Brave Blossoms dominent de la tête et des épaules. Aucun doute donc qu'Eddie Jones alignerait une équipe B voir C, sans aucun soucis, pour permettre à ses expatriés d'engranger de l'expérience, comme il l'a fait cette année avec Fumiaki Tanaka, Shota Horie et Michael Leitch.


 
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