Tournoi des 5 nations asiatique 2014: qui pour la 2ème place?
Auteur:
Hinato
Publié le: 16/02/2014


En avril prochain va débuter la 7ème édition du tournoi des cinq nations asiatique. Si la première place, qualificative directe pour la coupe du monde de rugby de 2015 en Angleterre, semble d'ores et déjà promise au Japon, ultra-dominateur sur le continent asiatique, la seconde place semble par contre quant à elle disputée entre plusieurs prétendants.

Il faut dire que cette deuxième place cette année donnera accès à un premier tour de barrage contre le vaincu du barrage américain Etats-Unis/Uruguay avant un possible second tour de barrage (en cas de succès) contre la Russie probablement et donc une qualification pour la coupe du monde de rugby de 2015. Autant dire que la lutte s'annonce acharnée cette année dans le tournoi des 5 nations asiatique 2014 entre les quatre prétendants que sont la Corée du sud, Hong Kong, les Philippines et le Sri Lanka. Petit tour d'horizon de ces quatre équipes à la veille d'un tournoi au combien décisif.

Corée du sud

C'est certainement l'équipe favorite et la mieux armée pour terminer à cette fameuse deuxième place cette année. Déjà les résultats parlent d'eux-mêmes. Depuis sa remontée dans le Top 5 asiatique il y a deux ans, les sud-coréens ont terminé deux fois à la 2ème place derrière l'intouchable Japon. L'exploit du 5 mai 2012 sur la pelouse d'Hong Kong (21 à 19) semble avoir été le début du retour sur le premier plan de la scène rugbystique asiatique des sud-coréens. L'an dernier lors du tournoi, la Corée du sud confirmait sa 2ème place asiatique en écrasant chez elle Hong Kong (43 à 22).

24ème nation IRB, l'équipe sud-coréenne dispose d'un atout énorme avec une une longue diaspora de joueurs évoluant actuellement comme joueurs pros au Japon, que cela soit en Top League mais aussi en Top ligues régionales (deuxième division japonaise) . La sélection est ainsi composée d'un pack avant titulaire avec une grosse majorité de joueurs jouant chez le voisin asiatique (7 sur 8!): Kwangsik Kim (NEC Green Rockets), Sungku Park (Kubota Spears), Woong Heo (NTT-Docomo Red Hurricanes), Kwangmoon Lee (Toshiba Brave Lupus), Youn Kwon Woo (Yokogawa Musashino Atlastars), Youngnam Yu (Panasonic Wild Knights) et Soon Chai Park (Suntory Sungoliath).

Joueur symbole de cette nouvelle génération sud-coréenne: Youngnam Yu. L'ancien international à 7 sud-coréen est parti il y a quelques années rejoindre Sanyo Wild Knights (aujourd'hui Panasonic Wild Knights). Excellent 2ème/3ème ligne, Youngnam Yu est devenu un titulaire indiscutable chez l'une des meilleures équipes nippones de ces dernières années et a remporté avec le club japonais notamment deux titres de champion du Japon (2011 et 2014). Il est un atout de poids indiscutable pour la Corée du sud dans la course à la 2ème place cette année. 

Hong Kong

 
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La star honkongaise Rowan Varty en action face à la Belgique en décembre dernier

25ème au classement IRB, Hong Kong n'est toutefois que la troisième grande équipe asiatique à l'heure actuelle derrière le Japon et la Corée du sud. Il faut dire que les hongkongais ont privilégié clairement le rugby à 7 ces derniers temps avec notamment la professionnalisation de leur équipe à 7. De nombreux internationaux à XV hongkongais ont ainsi raté une grande partie du dernier tournoi des 5 nations asiatique au profit du tournoi à 7 de Londres, tout cela au détriment de l'équipe à XV, d'où des résultats quelque peu médiocres par rapport à d'habitude.

L'équipe d'Hong Kong est très dépendante de ses meilleurs joueurs, le réservoir n'étant pas si grand que cela. En effet l'équipe s'appuie principalement sur sa petite communauté britannique qui compose la ville. La star de l'équipe, l'excellent ailier Rowan Varty, est l'élément indispensable d'Hong Kong. Et sans lui, nul doute que cette équipe n'aura aucune chance de terminer à la seconde place. Hong Kong pourra s'appuyer sur d'autres très bons joueurs à l'image de l'expatrié Mark Wright, qui évolue actuellement en Top League japonaise chez les Toyota Shokki Shuttles. Mais Hong Kong pourra surtout s'appuyer cette année lors du tournoi à venir sur son public lors du match déjà annoncé décisif contre la Corée du sud. Hong Kong reste qui plus est sur une très bonne dynamique avec deux superbes succès contre la Belgique (28-17 et 18-15) en novembre dernier.

Philippines

 
57ème nation au classement IRB, les Philippines ont connu l'année dernière leur tout début dans le fameux Top 5 asiatique. Des débuts très difficiles pour l'équipe philippine qui a notamment été pulvérisée par le Japon (121 à zéro),  la Corée du sud (19-62) et Hong Kong (20-59). Mais les Philippines ont finalement gagné leur maintien en battant dans un match historique pour le pays les Emirats arabes unis (24-08) le 18 mai 2013 à Manille. Il faut dire que dans un pays dominé par le basket, l'équipe nationale de rugby est toute jeune (2007). La très grosse majorité des joueurs sont en fait des bi-nationaux à l'image par exemple du franco-philippin Patrice Olivier (ex-Béziers), qui évolue actuellement chez les Yamaha Jubilo. Car c'est un fait indéniable: l'équipe de rugby ne peut s'appuyer sur son vivier local quasi-inexistant à l'heure actuelle.

La jeune équipe asiatique, alors en 5ème division continentale en 2008 lors de la création du tournoi des 5 nations asiatique, n'a eu de cesse de monter les niveaux années après années pour finalement accéder après le tournoi 2012 au Top 5. Dans un pays qui commence à peine à découvrir le rugby, la sélection peut s'appuyer heureusement sur de nombreux joueurs évoluant en tant que professionnels au Japon. On retrouve ainsi de nombreux internationaux philippins en Top League japonaise: outre Patrice Olivier (Yamaha Jubilo), on découvre Benjamin Saunders (Toyota Shokki Shuttles), Justin Coveney (Coca-Cola West Red Sparks), James Price (Toyota Verblitz) et Matt Saunders (NTT Shining Arcs).

Ce dernier, devenu titulaire indiscutable chez le club d'Ichikawa, est certainement le philippin à avoir le mieux réussi pour l'heure sur l'archipel nippon. Mais d'autres philippins ont déjà joué au Japon, à l'image des frères Letts (ex-Kamaishi Sea Waves) dont Benjamin, joueur des Shuttles, est le troisième des frères. Sans oublie Oliver Saunders (ex-NTT Shining Arcs), frère de Matt ou encore Gareth Holgate (ex-Kyuden Voltex). Malheureusement les Phippines disposent d'un pack avant très faible avec des joueurs évoluant dans des clubs amateurs notamment aux Etats-Unis. Le point faible de cette équipe qui ne lui permet pas à l'heure actuelle de pouvoir jouer la seconde place. Car cette année encore, le maintien en Top 5 sera l'objectif n°1 des Philippines surtout avec la nouvelle menace qui débarque: le Sri Lanka.

Sri Lanka

 
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La star Fazil Marija sera le joueur à suivre côté sri-lankais lors du tournoi à venir

On l'oublie souvent mais le Sri Lanka, ancienne colonie britannique, est un vrai pays passionné de rugby. Le rugby existe sur l'île depuis son implantation en 1879. Sa fédération de rugby, la Sri Lanka Union (SLU), existe depuis 1908, soit 18 ans avant la création de la Japan Rugby Football Union (1926)! A ce sujet le Sri Lanka fait parti de pays à part en Asie puisque c'est la seule ancienne colonie britannique où le rugby est resté populaire après la décolonisation.

Dans les autres anciennes colonies, le rugby était en effet le sport du blanc, du colonisateur et a été ainsi vite oublié dans de nombreuses anciennes colonies à l'image par exemple de pays comme l'Inde ou le Bangladesh... 
40ème nation au classement IRB, le Sri Lanka est l'autre équipe (avec les Philippines) à monter sur la scène du rugby asiatique. Vainqueurs chez eux l'an passé à Colombo du tournoi des 5 nations asiatiques de la Division 1 (2ème division en Asie) grâce à leurs succès contre Taïwan (39-08), la Thaïlande (45-07) et le Kazakhstan (49-18), les "Eléphants" retrouvent cette année le Top 5 après l'avoir quitté en 2011. Il faut dire que depuis l'an dernier le Sri Lanka s'est redessé grâce à plusieurs aspects.

Les tensions internes entre la fédération et certains joueurs qui ont miné pendant très longtemps l'équipe sri-lankaise semblent oubliés, les internationaux sont depuis 2013 sous contrat pros et disposent de vrais camps d'entraînements pour s'entraîner et préparer au mieux le tournoi. La sélection sri-lankaise aura été entraînée durant une courte période par un sélectionneur étranger en la personne du sud-africain Ravin Du Plessis, avant que l'entraîneur historique Ronnie Ibrahime ne reprenne la sélection. Le pays dispose également depuis peu d'un championnat semi-pro, la Dialog League, qui tente de s'inspirer de son grand-frère japonais, la Top League. De nombreux joueurs tongiens, fidjiens et samoans débarquent ainsi depuis cette saison dans le championnat sri-lankais, recruté à coup de dollars comme au Japon.

Une tactique qui permet de faire progresser les équipes du championnat et par là-même les internationaux sri lankais. Adepte d'un jeu fou-fou et très agréable à regarder à la manière de Madagascar, le Sri Lanka dispose de très bons joueurs à l'image de la star du pays qu'est l'ouvreur de Kandy SC, Fazil Marija. Un joueur que plusieurs clubs japonais de Top League avaient tenté de recruter ces dernières années! On retrouve également dans l'équipe deux autres tauliers que sont le talonneur Namal Rajapaksa (Navy) et le 3ème ligne et capitaine Yoshitha Rajapaksa (Navy). Les deux frères ne sont autres que les fils du président actuel du Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa. Tourné vers le professionnalisme, le rugby sri-lankais est amené à grandir dans les années à venir. Son succès contre la Pologne (25 à 21) en octobre dernier en montre d'ailleurs les premiers signes. Mais pour le tournoi qui vient, l'objectif n°1 du Sri Lanka sera le maintien.

 
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