Sunwolves: le désastre inévitable
Auteur: 
Hinato
Publié le: 20/03/2019


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Les Sunwolves vont quitter le Super Rugby après la saison 2020
 
Alors que la Sanzaar devrait officialiser le départ officiel des Sunwolves du Super Rugby après 2020, retour sur la franchise nippone qui n'aura jamais eu les armes de rivaliser. Crée en octobre 2015, celle-ci va connaître des débuts très compliquées. Plusieurs cadres internationaux japonais rejoignent (ou prolongent chez) des équipes étrangères en Super Rugby à l'image de Michael Leitch (Chiefs), Fumiaki Tanaka (Highlanders), Hendrik Tui et Ayumu Goromaru (Reds).

Les autres joueurs nippons sont dans le doute de rejoindre cette franchise a
près le départ d'Eddie Jones et le refus de plusieurs coachs étrangers de la diriger. La fédération japonaise de rugby réussit enfin à en faire signer un. Il s'agit du néo-zélandais Mark Hammett (43 ans). L'effectif n'est annoncé que le 21 décembre. Quelques internationaux nippons (Keita Inagaki, Shota Horie, Hitoshi Ono, Atsushi Hiwasa, Harumichi Tatekawa, Yu Tamura, Akihito Yamada) forment l'artère de cette équipe avec les 3èmes lignes Ed Quirk et Andrew Durutalo et l'ouvreur international samoan Tusi Pisi.

En dehors de cela, le groupe est très limité avec des joueurs japonais de seconde, voir troisième zone à l'image du 3/4
Hajime Yamashita (Toyota Industries Shuttles). Avec une préparation très courte (une semaine contre trois mois pour les autres équipes), la franchise connaît bien évidemment des débuts difficiles avec notamment cette humiliation face aux Cheetahs (92 à 17). Derrière, devant leur public dans le mythique Chichibunomiya Stadium, les Sunwolves obtiennent toutefois leur première victoire historique dans la compétition contre les Jaguares (36 à 28).

Mais ils sont fortement critiqués pour des résultats très négatifs (une victoire, un match nul, 13 défaites). La seconde saison, l'effectif est annoncé une fois de plus sur le tard (12 décembre) mais est désormais axé sur les 
Brave Blossoms (comme le souhaite le nouveau sélectionneur Jamie Joseph) avec pas moins de 27 internationaux japonais sur le groupe de 36 joueurs dévoilés. Le 1/2 de mêlée Fumiaki Tanaka (Panasonic Wild Knights) et l'arrière Kotaro Matsushima (Suntory Sungoliath) sont les deux grandes arrivées. Un groupe qui verra des dizaines de joueurs signer dans les mois qui suivront. 

Filo Tiatia est le successeur de Mark Hammett, parti rejoindre les Highlanders. Mais avec encore une préparation très courte en raison de la Top League et pas mal de joueurs inexpérimentés, les Sunwolves se font humilier dès la première journée par les Hurricanes (83 à 17). Les critiques pleuvent malgré deux succès contre les Bulls (21 à 20) et les Blues (48 à 21). Alors que la franchise est maintenue dans un Super Rugby désormais réduits à quinze équipes, la Sanzaar prend sous tutelle la Japan Super Rugby Association et impose un grand nombre de joueurs étrangers pour des résultats immédiats sous peine d'exclusion.

Jamie Joseph prend les commandes des Sunwolves en même temps que celui des Brave Blossoms. L'équipe voit de moins en moins de joueurs japonais alignés malgré la grande révélation Kazuki Himeno en troisième ligne. A l'ouverture, le néo-zélandais Hayden Parker brille par sa réussite au pied et permet trois victoires à l'équipe contre les Reds (63 à 28), les Bulls (42 à 37) et les Stormers (26 à 23). Toutefois, la franchise nippone termine encore bon dernier du Super Rugby avec 14 points au compteur.

Avec la coupe du monde de rugby de 2019 à la maison, les clubs corpos de Top League acceptent une saison réduite pour donner une meilleure préparation aux Sunwolves et donc aux Brave Blossoms. Tony Brown, assistant de Jamie Joseph, devient le quatrième entraîneur-chef de l'équipe en quatre saisons tandis que le sélectionneur du Japon commence la préparation de ses internationaux. La franchise japonaise aligne ainsi une équipe très "barbarians" avec lors de la défaite face aux Reds (34 à 31), aucun joueur nippon à un moment donné sur la pelouse!

Malgré un premier succès historique à l'extérieur chez les Chiefs (30 à 15), les Sunwolves vont quitter le Super Rugby sous la pression de la SARU alors que la compétition devrait passer à une poule unique de quatorze équipes. Les excuses des longs déplacements à Tokyo, Singapour et Hong Kong, ne cachent pas les vrais raisons: une meilleur part des droits TV, l'humiliation de la défaite de l'Afrique du sud contre le Japon en 2015 et le vote de la Japan Rugby Football Union pour la France pour accueillir la coupe du monde de rugby de 2023 au détriment des sud-africains.

Si la SARU a porté le coup de grâce, il ne faut pas se mentir, les Sunwolves ne pouvaient continuer à exister en Super Rugby. La JRFU n'a jamais pu faire le poids contre les clubs corpos de Top League, puissants financièrement et qui détiennent le vrai pouvoir dans le rugby nippon. La franchise japonaise devait toujours batailler pour que les clubs nippons libèrent leur joueurs (pros et employés). De fait à chaque fois avec en plus le calendrier du championnat local, une très courte préparation, de nombreuses et longues blessures en conséquence pour des joueurs qui devaient être dispos toute l'année. Les Sunwolves devaient donc à chaque fois recruter en pleine saison plusieurs dizaines de nouveaux joueurs pour compenser.

Ainsi en 51 matchs en Super Rugby, la franchise japonaise a vu 111 joueurs porter son maillot! En comparaison, les Crusaders ont utilisé 113 joueurs en 159 rencontres depuis 2010. Impossible ainsi avec aussi peu d'automatismes de pouvoir espérer rivaliser dans la compétition. Les Sunwolves quitteront donc le Super Rugby après la saison 2020. Une image désastreuse à six mois de la coupe du monde de rugby au Japon. Et un contraste total alors que les Brave Blossoms doivent à l'opposé intégrer le Rugby Championship. La
Japan Rugby Football Union va y voir en tout cas plus clair et pourra réformer et donner enfin un vrai calendrier solide et logique à la Top League après des années de non-sens.
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  • Tokyro dit :
    20/3/2019

    Les Sunwolves ne peuvent pas rivaliser avec les clubs de Top League. Les joueurs ne sont pas en contrat avec la fédération japonaise de rugby contrairement aux autres franchises avec les leurs, ils ont une préparation des plus courtes comparée aux autres équipes et on a une équipe néo-zélandaise B sur le terrain. L'existence des Sunwolves dans le Super Rugby, voir tout court, n'a plus lieu d'être...

  • Skyrim75 dit :
    20/3/2019

    Les Sunwolves ne ressemblaient plus à rien et on ne voyaient même plus de joueurs japonais. C'est l'occasion ou jamais pour en profiter pour faire de la Top League un championnat de rugby à XV majeur dans le monde.

  • Kenzaki dit :
    20/3/2019

    Les sud-africains n'ont toujours pas avalé leur défaite contre le Japon. Des belles salopes.


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