La Top League japonaise championnat de pré-retraités?
Auteur: 
Hinato
Publié le: 22/06/2016


Pour beaucoup en France, la Top League japonaise a encore cette image de championnats de pré-retraités où les vielles stars sudistes et européennes viennent finir leur carrière en touchant un joli salaire. Et c'est vrai qu'à ses débuts, elle a été cela, notamment avec sa grosse colonie de vieux joueurs îliens trentenaires: Brian Lima (Secom Rugguts), Alama Ieremia (Suntory Sungoliath), Eroni Clarke (Ricoh Black Rams), Viliami Ohafengue (Kubota Spears), etc...

Mais au fil des années, les clubs nippons ont appris à structurer leur recrutement. Moins de joueurs en pré-retraites, plus de joueurs encore dans l'âge de jouer. Il faut dire que les quotas en vigueur dans le championnat japonais ont forcé les clubs à revoir leur mode de recrutement. Tout a ainsi été misé sur les "noms" pour avoir des joueurs de qualité et de renommé mondiale. C'est le début d'une nouvelle ère avec les Tony Brown (Sanyo Wild Knights), Ma'a Nonu (Ricoh Black Rams), George Smith (Suntory Sungoliath), Jaque Fourie et Sonny Bill Williams (Panasonic Wild Knights), etc...
 
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Les grosses performances de Fourie du Preez avec Suntory Sungoliath et son retour en sélection Springbok
amenèrent à l'arrivée d'une vague de joueurs sud-africains au Japon à partir de 2014

Si les recrues ont une moyenne d'âge déjà plus respectables, plusieurs de ces joueurs ne viennent que le temps d'une pige d'une saison. Mais la réussite d'un certain Fourie Du Preez (Suntory Sungoliath), qui retrouve la sélection des Springboks après avoir pris officiellement sa retraite internationale en 2011, va encourager les franchises sud-africaines à laisser nombre de leur joueurs locaux à rejoindre le Japon plutôt que le Top 14. Elles peuvent ainsi laisser leurs joueurs partir gagner un bon revenu dans l'archipel nippon et les voir revenir jouer le Super Rugby là où un départ en Europe serait définitif.

Les "contrats doubles" Top League japonaise/Super Rugby "explosent" pour les joueurs sud-africains à partir de 2014. Le championnat nippon voit ainsi arriver depuis deux à trois ans une nouvelle population de joueurs étrangers. Un grand changement pour un rugby nippon qui recrutait essentiellement jusqu'ici à l'étranger des joueurs néo-zélandais, sud-coréens et tongiens. Le fait marquant aussi est que la plupart de ces joueurs sont très loin d'être des préretraités mais des joueurs en plein milieu de leur carrière. Certain ont quant à eux tout simplement le besoin de se relancer, à l'image de l'ouvreur des Lions, Elton Jantjies, qui en 2014, lors de la première grande vague sud-africaine, rejoindra NTT Shining Arcs.

Sous les ordes d'Elton Jantjies, il retrouvera pleinement son rugby et deux ans plus tard fera ses premiers pas avec les Springboks. Plusieurs joueurs sud-africains viennent ainsi au Japon pour, outre les beaux salaires, améliorer leur technique, dans une Top League japonaise réputée de ce côté-là. Depuis lors, le championnat nippon a vu l'arrivée d'une marée de stars étrangères: François Steyn, Andrew Ellis, Louis Fouché, Liam Messam, Pierre Spies, Bernard Foley, Tim Nanai-Williams, Handré Pollard, Eben Etzebeth, Willie Le Roux, Marcell Coetzee, etc...

 
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A 18 ans, Ben Gunter est la
plus jeune recrue étrangère
en Top League cette année
Pour cette année 2016 avant la saison à venir, on note un changement dans le recrutement des joueurs étrangers. Si comme toujours, on a le lot de nouvelles stars (George Smith, Christian LealifanoDavid PocockPatrick Osborne, etc...), on note (pour l'heure) de très nombreuses jeunes recrues.

Sur les 43 joueurs étrangers qui ont signé pour le moment, 19 (soit 44%) ont 25 ans ou moins! 88% des joueurs étrangers ayant signé cette année ont 30 ans ou moins. Les clubs japonais contrairement aux années 2000, visent désormais sur le long terme avec ces nouveaux joueurs.

L'exemple le plus frappant est sans nul doute celui de Ben Gunter. Ce jeune mais puissant nuléro 8 australien 
(18 ans, 190 cm, 120 kg) rejoint ainsi Panasonic Wild Knights après avoir signé un contrat de quatre ans. Du jamais vu dans l'histoire du championnat nippon de rugby. 

Repéré par les dirigeants du club d'Ota 
en 2015 lorsqu'il jouait le Sanix World Rugby Youth Tournament avec Brisbane Boys CollegeBen Gunter avait été mis à l'essai en janvier dernier chez le club bleu et noir. Un autre exemple est celui du très jeune ailier Calugay Franklin (19 ans, 183 cm, 100 kg), passé par les U20 des Waratahs, qui a signé chez NTT Shining Arcs.
 

Au final quand on y regarde de plus près, la Top League japonaise n'a plus rien d'un championnat de pré-retraités. Son système de quotas en vigueur et la puissance financière de ses clubs corpos lui permettent de voir arriver des très grands noms au côté de jeunes joueurs qui sont de plus en plus tentés dans un championnat dont le niveau monte d'année en année.

Les joueurs de plus de trente ans qui viennent sont désormais de moins en moins nombreux par rapport à il y a quelques années. La réalité aujourd'hui est que le championnat de pré-retraités sudistes n'est plus au Japon mais en France avec le Top 14. Voilà qui explique en partie les résultats désastreux du XV de France et des U20 français du côté de chez nous...
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  • gifufighter dit :
    25/6/2016

    GoReyBoy allons un peu de tenu ! On parle de clubs aux mains de puissantes firmes, pas de clubs qui font la course auw sponsors, d'où pas besoin de marketing pour le moment.

    En effet des entreprises réputées solides sont en difficulté, à l'instar de Sharp, Sony ou Toshiba, parfois rachetées par des chinois - qui auront peu de scrupules à fermer les "inactifs".

    A cela rajoute un yen fort, je pense que cela risque de chauffer d'ici quelques mois...

    Si Hinato tente de mettre chaque club sur une carte afin de visualiser le championnat, dans les faits au Japon il n'y a pas vraiment d'identification à un club "local". Si ton oncle travaille dans une filiale de Kobe Steel Co., il est probable que tu supportes cette équipe même si tu es à Tokyo ou Osaka.
    Ajoutes à cela des filières de formation en dehors des clubs... les liens sont plus forts avec les Universités ou les lycées, d'où des affluences supérieures pour leurs phases finales.

    A la TV c'est compliqué de suivre la Top League, il faut passer par la TV payante à la Ruppert Murdoch, la J-Sport.
    Au tant dire que je ne paierais pas 3000 Yens (25€) / mois pour ça :D
    Heureusement, elle J-Sport diffuse ou diffusait (j'ai vu un nouvel entrant qui a acheté les droits du Top 14, très bon somnifère nonobstant) le 6 Nations, la Coupe d'europe et le Super Rugby.
    Les matchs de la franchise nippone sont aussi sur BS un autre système de chaines payantes....

  • GoReyBoy dit :
    22/6/2016

    Comment ça marche niveau marketing?
    Les stades sont vides!
    Les japonais suivent la Top league à la télévision?
    Les droits sont'ils acheté par des TV étrangère?

  • Tokyro dit :
    22/6/2016

    Un très bon article Hinato! Cela mettra fin aux clichés stupides sur la Top League.


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