Ayumu Goromaru à Toulon: quel intérêt?
Auteur: 
Hinato
Publié le: 08/06/2016


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Si la venue d'Ayumu Goromaru est une bonne nouvelle  médiatique pour Toulon et le Top 14,
elle est un mauvais choix de carrière pour l'arrière nippon qui sera sur le banc des remplaçants tout au mieux

C'était connu officieusement depuis des mois, c'est désormais officiel: Ayumu Goromaru évoluera la saison prochaine à Toulon en Top 14. L'arrière japonais de 30 ans, ex-joueur de Yamaha Jubilo notamment et qui est chez les Reds pour l'heure, va donc découvrir un nouveau championnat. Malgré des statistiques très bonnes en sélection (708 points), l'international nippon (56 caps) sort d'une saison catastrophique en Super Rugby avec la franchise australienne. Un championnat bien trop élevé pour lui cette année, surtout après avoir passé des mois sur les plateaux TV et à jouer dans des publicités plutôt qu'à s'entraîner.

Son ancien sélectionneur Eddie Jones l'avait d'ailleurs récemment vivement critiqué à ce sujet. Blessé face aux Sunwolves, Ayumu Goromaru ne sera pas disponible avant le mois de septembre tout au mieux. C'est donc un joueur de plus abonné à l'infirmerie que va accueillir le club toulonnais. Quel intérêt de recruter la star japonaise? Sportivement il est maigre. Après être revenu, il va falloir de longues journées de travail pour remettre l'international nippon à son niveau de la coupe du monde de rugby de 2015. Ayumu Goromaru n'était plus que l'ombre de lui-même ces derniers mois. Mais s'il revient à ce niveau, le RCT pourra compter sur un buteur fiable supplémentaire dans son équipe. Non négligeable.

Médiatiquement, il est énorme et Mourad Boudjellal le sait très bien. L'arrivée de l'arrière nippon va attirer des centaines de supporters japonais voir Toulon. Les médias et les sponsors vont également suivre en très grand nombre. La chaîne de télévision satellite payante WOWOW vient ainsi d'acheter les droits TV du Top 14 pour les prochaines saisons. Elle diffusera un à deux matchs par week-end, essentiellement de Toulon et d'Ayumu Goromaru.

Plus de droits TV, donc plus d'argent au final pour les clubs de Top 14. Les présidents des autres équipes peuvent déjà remercier Mourad Boudjellal, visionnaire et qui a un temps d'avance (comme toujours) sur les autres clubs français. Car c'est l'ensemble du rugby français qui va enfin être mis en avant au Japon, là où généralement il passe très loin derrière le Super Rugby et le championnat anglais. Et oui le Top 14 jusqu'ici ne fait pas rêver sur l'archipel nippon.

En ce qui concerne l'international japonais, sa venue en Top 14 n'est pas forcément une très bonne nouvelle pour lui sur le long terme. Pendant qu'il essaiera de gratter les faibles temps de jeu qu'on lui donnera dans un championnat médiatique mais moyen, plusieurs espoirs nippons vont eux passer un cap à l'autre bout de la planète en faisant leur grands débuts en Super Rugby. La non venue d'Ayumu Goromaru chez les Sunwolves laisse en effet le champ ouvert à plusieurs jeunes joueurs japonais d'évoluer avec la franchise nippone. Je pense ainsi à Ryuji Noguchi (20 ans, Tokai Univ.) et au polyvalent ouvreur/arrière Rikiya Matsuda (22 ans, Teikyo Univ.), ce dernier excellent buteur au passage.

Les performances de l'arrière de 30 ans laissent à désirer depuis plusieurs mois et certains ont ainsi déjà déclaré vouloir batailler pour ce poste chez les Brave Blossoms en vue de la coupe du monde de rugby de 2019. C'est ainsi le cas de Kotaro Matsushima (23 ans, Rebels), ailier/centre habituellement mais qui souhaite enfin évoluer à son vrai poste. On peut aussi parler de Yasutaka Sasakura (27 ans, Sunwolves), qui réalise de belles performances et évidemment de Yoshikazu Fujita (22 ans, Panasonic Wild Knights), qui jouera (sauf grosse surprise) avec les Sunwolves en 2017 après avoir participé aux Jeux Olympiques de Rio de 2016 avec la sélection à 7 japonaise.

Au fond du trou actuellement, Ayumu Goromaru, qui aura 33 ans en 2019, souffre de la concurrence d'une nouvelle génération d'arrières nippons bien plus rapides et explosifs et très talentueux. Inutile de dire que si un autre buteur s'impose en sélection (Rikiya Matsuda), l'ex-joueur de Yamaha Jubilo n'aura plus sa place dans le XV de départ du Japon. Et ce n'est pas le nouveau sélectionneur Jamie Joseph, qui prendra ses fonctions officiellement en septembre prochain, qui lui fera des cadeaux.

Au final, en privilégieant Toulon, pour mettre sa famille à l'abri de la folie médiatique du pays autour de lui, au détriment des Sunwolves, Ayumu Goromaru se tire tout seul une balle dans le pied en n'étant pas certain de jouer chez le club varois là où chez la franchise nippone, il aurait été un cadre et aurait pu jouer à un niveau plus élevé face à de meilleures équipes adverses, ce qui aurait été la meilleure préparation possible pour lui en vue de la coupe du monde de rugby de 2019.

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  • gifufighter dit :
    13/6/2016

    Bien résumé hinato. Je reste persuadé que c'est un mouvement impulsé par le marketing autour de lui : Goromaru fait vendre, donc en France pays de Louis Vuitton, WOWOWOW le sait pertinemment (et je pense qu'ils ne sont pas étrangers dans cette histoire).
    Sportivement cela reste secondaire, il va mettre sa famille à l'abris du besoin et voir son maître, le grand Jonny.

    S'il joue ce sera formidable, mais là il va trouver des buteurs et des droppeurs fous en face lol (à défaut de jeu, y en a des 3pts !)

  • Kenzaki dit :
    8/6/2016

    Pour une fois qu'on va voir un japonais en Top 14, on ne va pas commencer à se plaindre tout de même! A voir s'il arrivera à gagner sa place après.

  • Skyrim75 dit :
    8/6/2016

    Il va travailler avec Wilkinson, c'est peut-être la meilleure nouvelle pour lui.

  • Tokyro dit :
    8/6/2016

    Il va cirer le banc à Toulon. Sa carrière internationale est terminée.


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