4 juin 1995: le désastre de Bloemfontein
Auteur:
Hinato
Publié le: 11/06/2013



Tout comme ses coéquipiers, l'ailier nippon Lopeti Oto aura été dépassé durant cette rencontre rentrée dans l'histoire

Nous sommes en 1995. Les Cherry Blossoms participent alors à leur 3ème coupe du monde consécutive. Cette troisième édition se déroule en Afrique du sud. Une coupe du monde à part, du fait de son pays hôte, l'Afrique du sud, qui sort à cette époque tout juste de l'apartheid. Les Springboks n'avaient ainsi pas pu participé aux deux premires éditions de la coupe du monde de rugby. Le Japon, dirigé à cette époque par le sélectionneur Osamu Koyabu, se trouve alors dans la poule C. Une poule assez relevée avec le Pays de Galles, l'Irlande et surtout le monstre All-Black

Les japonais débutent par une défaite face aux gallois (10-57) avant de s'incliner face aux irlandais (28-50). Les Cherry Blossoms, qui n'ont aucun espoir dans cette poule, doivent alors affronter dans leur dernière rencontre la Nouvelle-Zélande, le 4 juin 1995. Une équipe remaniée. Ainsi le célèbre ailier Jonah Lomu n'est même pas sur la feuille de match. Le 1/2 de mêlée Graeme Bachop et l'ouvreur Andrew Merhtens sont ainsi remplaçants.

Le jeune Simon Culhane fête sa première sélection à l'ouverture. En face, les japonais disposent de quelques joueurs reconnus, de Toshiba Fuchu notamment: le talonneur Masahiro Kunda, le 3ème ligne Hiroyuki Kajihara, le 1/2 de mêlée Wataru Murata et l'arrière Tsutomu Matsuda. A l'ouverture, le jeune universitaire Keiji Hirose (actuel recordman de points avec le Japon) est un titulaire indiscutable.

Le Japon peut également compter sur ses joueurs d'origine étrangère: le 2ème ligne Bruce Ferguson, le 3ème ligne Sinali-Tui Latu (Sanyo) et le jeune ailier Lopeti Oto (Daito Bunka Univ.). Ce dernier est le frère aîné de l'actuel joueur de Toshiba Brave Lupus, Nataniela Oto et de l'ex joueur de Toyota Shokki Shuttles, Ofa Topeni. Mais les Cherry Blossoms vont subir une véritable humiliation en étant pulvérisé sur le score sans appel de 145 à 17 (21 essais à 2).

Le centre néo-zélandais Marc Ellis inscrira ainsi six essais tandis que le jeune ouvreur Simon Culhane fêtera sa première sélection en marquant 45 points! Le 3ème ligne 
Hiroyuki Kajihara (Toshiba Fuchu) sauvera l'honneur des siens en inscrivant les deux seuls essais japonais du match. Le désastre de Bloemfontein marque surtout la différence entre un rugby qui va devenir 100% professionnel chez les grandes nations et celui japonais, qui est encore à cette époque 100% amateur. Le rugby japonais n'a alors pas encore pris ce virage devenu indispensable du professionnalisme.


L'ailier Marc Ellis laisse sur place l'arrière Tsutomu Matsuda et part inscrire l'un de ses six essais du match

Et il faudra du temps pour que cela se réalise. Car dans un premier temps, les japonais vont tout d'abord faire un recrutement massif de joueurs étrangers pour leur équipe nationale, à l'image de l'ancien All-Black Jamie Joseph (qui évolue à partir de 1995 chez les Sanix Blues). Mais le Japon se cassera à nouveau les dents lors de la coupe du monde de rugby de 1999.

Cette fois, la voie du professionnalisme sera engagée et c'est l'ancien international et sélectionneur japonais Hiroaki Shukuzawa qui va être à l'origine du premier championnat professionnel nippon de rugby, crée en 2003 et censé faire progresser sur le long terme les Cherry Blossoms, la Top League
Le désastre de Bloemfontein va marquer très longtemps les esprits des supporters japonais. Car c'est à l'époque la plus grosse correction subite par une équipe lors d'une coupe du monde de rugby.

Il faudra attendre l'
Australie/Namibie de 2003 (142-00) pour voir le record tomber. Les résultats nationaux ne suivant pas et le football japonais étant de son côté en constante progression (création de la Japan League et coupe du monde de football de 2002), les japonais vont déserter peu à peu les stades de rugby. Les Cherry Blossoms, qui attiraient en 1995 encore, 30 000 spectateurs pour un simple test face à la Roumanie, vont voir leur affluences fortement baisser et atteindre très rarement les 15/20 000 spectateurs pour une rencontre.

Encore aujourd'hui, on peut ressentir les conséquences du désastre de 
Bloemfontein malgré la création de la Top League il y a dix ans. Pour remplir les stades, une seule chose à faire: que les Brave Blossoms remportent enfin des succès prestigieux face à certaines des meilleures équipes au monde. 


Le match en entier

Japon   17 - 145   Nouvelle-Zélande

 

Free State Stadium | 25 000 spectateurs |

Arbitre: George Gadjovich (CAN)

Pour le Japon:

2 essais de: Kajiwara
2 transformations de: Hirose
Une pénalité de: Hirose

Pour la Nouvelle-Zélande:

21 essais de: Brooke (X2), Culhane, Dowd, Ellis (X6), Henderson, Ieremia, Loe, Osborne (X2), Rush (X3) et Wilson (X3)
20 transformations de: Culhane

La composition des équipes:

Japon: 


1-Osamu Ota (NEC) 2-(c) Masahiro Kunda (Toshiba Fuchu) 3-Kazuaki Takahashi 
(Toyota Motor) 4-Yoshihiko Sakuraba (Nippon Steel Kamaishi) 5-Bruce Ferguson (Hino Motors) 6-Hiroyuki Kajihara (Toshiba Fuchu) 7-Ko-Izawa Nakamura (Sanyo) 8-Sinali-Tui Latu (Sanyo) 9-Wataru Murata (Toshiba Fuchu) 10-Keiji Hirose (Kyoto Sangyo Univ.) 11-Yoshihito Yoshida (Isetan) 12-Yukio Motoki (Kobe Steel) 13-Akira Yoshida (Kobe Steel)14-Lopeti Oto (Daito Bunka Univ.) 15-Tsutomu Matsuda (Toshiba Fuchu)

Remplaçants:

16-Takashi Akatsuka 
(Kubota) 17-Masami Horikoshi (Kobe Steel) 18-Katsuhiro Matsuo (World) 19-Kiyoshi Imaizumi (Suntory) 20-Eiji Hirotsu (Kobe Steel) 21-Kazu Hamabe (Kintetsu)

Nouvelle-Zélande:

1-Craig Dowd 2-Norm Hewitt 3-Richard Loe 4-Robin Brooke 5-Blair Larsen 6-Kevin Schuler 7-(c) Paul Henderson 8-Zinzan Brooke 9-Ant Strachan 10-Simon Culhane 11-Eric Rush 12-Alama Ieremia 13-Marc Ellis 14-Jeff Wilson 15-Glen Osborne

Remplaçants:

16-Jamie Joseph 17-Graeme Bachop 18-Andrew Mehrtens 19-Walter Little 20-Sean Fitzpatrick 21-Olo Brown

 
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